Vendredi 18 décembre.21h. toujours à Montréal. -10°Notre avion était prévu pour 17h25. Suite aux intempéries parisiennes, il a été successivement retardé, annulé, puis retardé encore. Départ prévu : 21h05.
Dans tout ça, Abou et moi avons été séparés, il est 37 rangées derrière moi, il a embarqué 30 min plus tôt que moi. Un point positif, j'ai une place sur l'allée. Mais à ma gauche, c'est la cuisine, ce qui veut dire agitation et lumière toute la nuit...
C'est un avion « pourri » : même pas d’écran individuel, de minuscules écrans pour 2 rangées de sièges. On va se tordre le cou pour regarder le film qu'on n'aura même pas choisi...
Ah et j'oubliais, j'ai la chaufferie au-dessus de moi : un bruit infernal et une chaleur encore pire... Ca commence bien le voyage!
En revanche, j'ai 2 voisins sympathiques, c'est déjà ça!
21h35. On démarre pour 6h20 de vol.
22h15. On a décollé, la bouffe se prépare, on n'a pas le son pour le film qui commence et qui est en anglais...
23h35. Ils débarrassent enfin mon plateau, je vais finalement pouvoir aller faire un petit coucou à Abou à l'autre bout de l'appareil. Il fait sombre, j'ai oublié le numéro exact de sa rangée et son numéro de siège. Je scrute les visages noirs dans l'ombre... un gars lève la main : "c'est moi que tu cherches!". Puis un autre : "Mais non, c'est moi!"
- Tu vas à Paris ou tu as une correspondance ?
- Je vais à Abidjan
- Ah, mais fallait venir à Lomé, on t'aurait invité à son mariage! dit l'un d'entre eux en me désignant un de ses potes.
Je continue ma route et trouve enfin le bon! :-)
Samedi 19 décembre.6h20. Au-dessus de l'Atlantique.Ca y est, j'ai mis ma montre à l'heure française. Je viens de dérouler ma nuit en quelques tours d'aiguilles sur le cadran. Je suis passée de 0h20 à 6h20.
J'essaie de dormir depuis 30 min. Ca marche pas.
8h30. Je me suis reposée un peu, mais là, je ne trouve pas ma place dans ce siège minuscule. J'ai mal au cou, mal aux jambes, je frissonne, mais je n'ai pas vraiment froid.
J'enlève mes boules quiès et je traverse l'avion. Je me rends compte que mon coin est plutôt calme : ici, un enfant qui pleure et des parents qui tentent de garder leur calme en se le refilant. Un peu plus loin, les lumières sont allumées, ça s'agite, on vaporise du spray, un enfant a vomi. Plus loin encore, c'est le coin "cafet", les insomniaques boivent un verre en faisant connaissance. Tout au bout, c'est calme, c'est sombre, Abou semble dormir.
Je n'arrête pas de frissonner pourtant mes mains sont chaudes.
10h15. Paris. -6°L'avion atterrit.
10h45. l'avion s'arrête enfin à sa place de stationnement. Je trépigne. Le temps passé avec les Djong diminue. Notre correspondance est à 13h50, il faut passer la sécurité au moins une heure avant.
11h. Une passerelle vient seulement d'être amenée jusqu'à l'avion pour nous faire descendre. Ils sont complètement désorganisés. Je bouillonne, je suis sur les nerfs, au bord des larmes avec cette tension accumulée depuis même avant le départ, et puis j'ai pas dormi encore et il est 5h du matin pour moi.
On descend enfin. Des km de couloirs. Et Abou qui est à l'autre bout de l'avion. Je ne l'ai pas attendu où c'était convenu, trop pressée que j'étais de retrouver ceux qui m'attendent. Mais le trajet se complique. Je me dis qu'on ne va pas se retrouver facilement, je l'attends. Je suis une boule de nerfs. Il y a une navette à prendre... Un homme de l'aéroport à qui j'avais demandé un renseignement me demande si ça va... Oui, oui. Enfin, presque!
Je retrouve tout le monde. Enfin. Après je ne sais combien de temps, mais Abou ne m’a pas suivi. Je vois Pao qui vient vers moi avec un grand sourire, je fonds en larmes.
Trop bien de les voir, papa, maman, Elise, Perrine, je suis super heureuse de voir Pao qui est content de me voir et me le montre.
Finalement, notre vol pour Abidjan est retardé, je peux profiter de tout le monde avant de m'envoler vers le sud. Abou lui est impatient d'arriver chez lui... je le comprends.
Drôle de journée pour eux à rester à l’aéroport plusieurs heures… mais c’était tellement bien de les voir, même quelques heures seulement. Je repars avec mes cadeaux de noël et un cheval en origami réalisé avec soin par Pao.
14h45. On passe la sécurité pour notre vol de 15h30. Ca fait déjà 16h qu’on est partis de chez nous.
15h40. Toujours à l’aéroport. L’équipe d’Air France n’a pas encore reçu l’autorisation de nous faire embarquer. On attend dans une salle glaciale. Heureusement, j’ai mon écharpe rouge en angora ! ;-) Nouveau départ prévu à 16h45.
16h30. On a embarqué. Abou et moi sommes à nos places après un jeu de tétris force 8 ou 9 pour faire rentrer les (trop) nombreux bagages cabines.
17h. Après avoir ôté les valises d’un passager enregistré qui ne s’est jamais présenté à l’embarquement, on est prêt à partir.
17h10. On part seulement… il fallait saler la piste. Presque 3h30 de retard.
21h30. Réveillée après une bonne heure de sommeil profond (la seule depuis presque 24h), je n’arrive plus à rester assise et immobile. Les jambes sont lourdes, les muscles endoloris et mon voisin de gauche sent de plus en plus mauvais. Presque 2h de vol encore… c’est long. Atterrissage prévu à 22h20 heure locale (23h20, heure française)
On est partis de chez nous à 23h, la veille, heure française. 25h étranges, hors du temps. On ne sait plus quelle heure il est, si on a faim ou pas. En revanche, on a sommeil, c’est clair et les yeux rouges, comme si j’avais fumé trois joints, en témoignent.
Abidjan. 23h30. Heure locale (une heure de moins qu’en France). 30°On a atterri il y a une heure et, après les formalités, on découvre la chaleur abidjanaise. Mes bottines et mon jean sont un vrai supplice.
Sur la route, les magasins modernes des grandes enseignes européennes côtoient de petites échoppes qui tiennent debout par miracle.
Après quelques minutes de route, un ralentissement. Suite aux événements politiques des dernières années subsistent encore quelques barrages, surtout la nuit. Un soldat armé a repéré une de nos valises sur la banquette arrière. Il contrôle les papiers du véhicule. On repart. C’est un peu étrange quand même.
Succession d’odeurs, bonnes et moins bonnes. On traverse la lagune. Abidjan est aussi appelé La perle des lagunes.
En arrivant, un alloco (bananes plantains frites) et un choukouia (viande assaisonnée) nous sont servis. Depuis le temps qu’Abou attend son alloco… il m’en parle depuis 2 mois au moins de celui-là !
1h30 du matin. Il faut vraiment que je dorme. Mon réveil a sonné il y a 37 heures… Dans la chambre climatisée, je m’endors comme une masse.