mardi 30 mars 2010

COTE D'IVOIRE V - CAPITALES


GRAND-BASSAM
Grand-Bassam est située au sud du pays, à l'est d'Abidjan (pour une carte en plus grand, cliquez dessus)
Ce fut le premier chef-lieu de la colonie française en Côte d'Ivoire (1893-1900).
On est passé à travers des rues qui rappellent clairement le temps des colonies.







Grand-Bassam est située entre mer et lagune.



Bassam c'est aussi la première station balnéaire de Côte d'Ivoire depuis quelques décennies.
On a passé une journée bien sympathique sur une bande de terre pas très loin de Bassam, sur la plage de Konakri. Ca faisait une bonne centaine de mètres de large, peut-être 2, mais vraiment, ça se parcoure facilement.
On est partis avec des amis dont la tante a un terrain au bord de la lagune. Pour y parvenir,
Ensuite, il a fallu faire quelques km sur une route de sable... c'était un peu stressant, on avait peur de rester bloquer... mais finalement, nos deux conducteurs s'en sont bien sortis (Abou et Oumar)


On a essayé le côté mer... waho, c'est agité la mer par là-bas! Julien nous a dit que si on le suivait, ça allait allé... il suffit d'aller un peu plus loin, là où la mer est moins agitée... oui, bon, ça c'est la théorie selon Julien.
En pratique, les vagues sont fortes, se cassent juste au bord et quand on essaie de passer en-dessous, on se fait remuer dans tous les sens, c'est difficile de retrouver le haut du bas... et l'endroit prétendument moins agité, moi, j'ai pas remarqué que c'était plus calme!
Alors, j'ai testé. Vite fait. Et je me suis hâtée de rejoindre la rive... puis la lagune! 30°, calme et sans vague...


Pas mal le terrain, non?

Ca c'est la maison qui est en construction sur ce terrain.



On est retournés sur la plage, mais seulement pour la jolie lumière du soir, hors de question de reprendre un bain!



On est rentrés après la tombée de la nuit et avec tous les baigneurs du dimanche! Mais surtout, la route n'est pas éclairée et traverse des villes et villages. Les gens arrivent en face plein phare, et les gens traversent, on les voit au dernier moment. Il s'agit pas de penser à autre chose!

Revenons à nos anciennes capitales... En 1899, Bassam a été dévastée par 2 épidémies successives de fièvre jaune. Pourquoi ces épidémies? A cause des marécages entourant la ville. Or, cette maladie est transmise par les moustiques. Un vaccin existe, il est obligatoire pour pouvoir rentrer dans le pays.
Suite à ces épidémies, on décida de déplacer la capitale vers Bingerville...

BINGERVILLE

Le jour de Noël, on a fait une petite escapade à Bingerville, capitale de la colonie française entre 1900 et 1934.

La ville tient son nom du capitaine Binger, explorateur pacifiste qui parcourut l'Afrique de l'Ouest.
Ici, on n'est plus au bord de la lagune, on est sur un plateau la surplombant (dans le fond de la photo suivante)


Comme nous a expliqué le père d'Abou, un magnifique jardin botanique s'étendait dans cette ville avec une grande collection d'arbres et de fleurs tropicales. Il n'en reste malheureusement pas grand chose.


YAMOUSSOUKRO
Quelques jours plus tard, nous nous sommes rendus à Yamoussoukro (prononcé Yamssoukro), l'actuelle capitale politique de Côte d'Ivoire (Abidjan étant la capitale économique)

250km, 3h30 de conduite vigilante. Encore une fois, c'est une route à double sens, sans bas-côté, il y a beaucoup de camions et les automobilistes sont audacieux et imprudents (on peut se retrouver nez à nez avec les plus dangereux, alors il faut ralentir pour le laisser se rabattre...). I

Sur la route, la végétation africaine se déployait, difficile à prendre en photos malheureusement à cause des grandes herbes montant jusqu'à 3m de haut.



Des villages de cases de torchis bordent les routes, devant lesquels des femmes vendent des fruits et légumes. Dès qu'on ralentissait pour acheter là des ananas, là, des fruits de la passion ou bien encore des avocats ou des bananes sucrées, on remarquait "la blanche"

mmmhhh, un régal ces bananes!!
Déjà qu'à Abidjan, j'étais "visible", mais en m'éloignant de la grande ville, j’avais davantage le sentiment d’être l'étrangère, "l'homme blanc" que l’on ne voit pas si souvent (je n’en ai pas vus en dehors d’Abidjan). Les plus jeunes me regardent d'un air curieux, les ados me font de grands sourires, qui s’agrandissent quand je le leur rends. Quant aux vendeuses, avec leur marchandise sur la tête, elles me lancent : "Tantie, Tantie, papayes, papayes, 1000 F!", «passion », « avocats », « patates douces », « corossols »… tout y passe!


Un peu d'histoire maintenant...
Yamoussoukro n'était qu'un village inconnu du pays Baoulé avant que l'on décide d'y transférer la capitale lors du mandat de Félix Houphouët-Boigny (dont c'est le village natal et dont il avait été le chef plusieurs années auparavant après en avoir hérité de sa tante).
Le village est devenu ville dans les années 50 et c'est seulement à partir de 1962 que commencent les travaux d'envergure.

C'est une ville immense, avec personne dedans.
Les routes sont d'énormes boulevards formant un quadrillage à l'américaine, chacun comportant 8 ou 10 voies et sur lesquels circulent 2 ou 3 voitures. Il n'y a pas de marquage au sol, les trous sont énormes, de l'herbe pousse dans certains... à certains carrefours, la route qui croise est de terre, les travaux n'ont jamais été finis.

L'ambiance est étrange et inhabituelle. C'est démesuré, fantomatique, paisible, surréaliste.
Sur ces boulevards de 8 à 10 voies vides, on croise des femmes qui essaient de ramasser avec leur balayette dérisoire le sable et la terre qui recouvrent le bitume.


L'avantage de ces grands boulevards peu fréquentés c'est qu'il est facile d'éviter les nids de poule (poule, poule... hum, surdimensionnées les poules alors! Comme le reste!)


Voici une des grandes écoles renommées à l'époque.


Fondation pour la paix de Félix Houphouët-Boigny


Il fait également construire son palais présidentiel ainsi qu'un ensemble de villas destinées à sa famille et à ses invités. Tout cela forme un village. L'une des entrées est bordée par un lac rempli de caïmans.


Une autre fait face à l'allée gigantesque menant à la Basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro.

Sur cette photo, on voit l'immense allée (1km) qui amène jusqu'à l'une des entrées du village présidentiel.La Basilique, c'est quelque chose!




Réplique de la basilique Saint Pierre de Rome, qu'elle dépasse de 17m, elle est le plus grand édifice du monde de la chrétienté.
Les chiffres sont impressionnants.
3 ans et demi seulement pour la construction
14 300 m² de granite et de marbre
capacité d'accueil de 18000 personnes, 7000 assises
la coupole a un diamètre à la base de 90m
la colombe au centre de celle-ci a une envergure de 20m...

A l'intérieur, 60 colonnes de 30m de hauteur, dont certaines, creuses contiennent des ascenceurs
les vitraux (splendides!) ont une hauteur qui varie entre 13m et 28m pour une surface totale de 7 367m²
5000 nuances de couleurs différentes

Malheureusement, on ne peut les prendre en photo que de la porte d'entrée. Une fois entrés, il est interdit de sortir son appareil photo.

On est montés dans l'un des 4 ascenceurs pour prendre un peu de hauteur

et nous diriger sur la terrasse qui offre une vue imprenable sur la région


Quelques notions de proportions...
Au milieu à l'intérieur, c'est Notre-Dame de Paris. Autour la Basilique Notre-Dame de la Paix...

mardi 9 mars 2010

COTE D'IVOIRE IV - NOEL ET CUISINE IVOIRIENNE

Le jour de Noël, je ne me rendais vraiment pas compte que c'était noël... je n'étais pas du tout dans l'ambiance : le soleil, la chaleur... et même si des sapins et décorations de noël ornaient beaucoup de magasins, c'était bien loin de mes références de noël!
Le soir, on a eu un repas plus copieux que d'habitude et surtout avec pas mal de choses différentes à manger et il y a eu des cadeaux pour Néhora. J'ai adoré le petit sapin (datant du premier noël d'Abou!) et les décorations sur les plantes tropicales sur la terrasse, les chants de noël sur rythme antillais... un contexte vraiment original pour les fêtes de noël! :-)

Noël, c'est l'occasion de parler de nourriture et de ce que j'ai eu la chance de découvrir comme plats typiques. J'ai mangé presque quasiment des plats traditionnels. C'était Barakissa (une jeune femme qui habite là et s'occupe d'un grand nombre de tâches domestiques) qui cuisinait la plupart du temps.

Beaucoup de ragoûts, plats en sauce, le plus souvent à base de tomates

Voici pour commencer le menu dans un petit restaurant dans lequel on a mangé à Yamoussoukro :
Alors, déchiffrage...

Sauce aubergine
je pense que c'est fait à partir d'aubergines africaines :

"L'aubergine africaine est une variété de petite aubergine, de forme arrondie et de couleur jaune pâle, traditionnellement consommée en Afrique. "

Il me semble que j'ai vue sur les marchés étaient un peu plus petites et plus jaunes, avec un peu de orange même. Mais j'ai pas trouvé sur internet.

Quant au goût, je n'y ai pas goûté.

Sauce graine
La sauce graine est faite à partir des graines de palme. Graines qui donnent aussi l'huile de palme.
On extrait l'huile des graines et (d'après une recette trouvée sur... Facebook!) on y ajoute : tomates, oignons, piments... et bien sûr la viande ou le poisson.
J'ai trouvé l'odeur de la cuisson très spéciale et un peu écoeurante, mais cela ne reflétait pas vraiment le goût du plat, beaucoup plus doux, un peu douceâtre peut-être. Mais je n'en ai pas mangé beaucoup, une salade fraîche m'attendait (spécialement faite pour moi) et manger frais et pas trop gras était assez tentant! :-)

Agouti
L'agouti est une viande : une sorte de gros rat de brousse!
J'ai vu la bestiole, morte, portée à bout de bras au bord de la route pour donner envie à un automobiliste gourmand!
J'ai goûté, je ne me souviens plus très bien. Ca n'avait pas un goût très spécifique.

Agouti kédjénou - poulet kédénou
Le kédjénou est une façon de cuire et cuisiner une viande, alors on peut tout imaginer "kédjénou".
On met de la viande, des oignons, des tomates, des épices, du gingembre et du piment et surtout ça cuit à l'étouffée, dans une marmite (traditionnellement en terre cuite) fermée hermétiquement (avec un mélange de farine, eau d'après ce que j'ai pu voir). Il y a plein de variantes bien sûr.

Machoiron
Ca c'est un poisson que j'ai eu l'occasion de manger grillé. Très bon!

Poulet braisé
Le grand classique : poulet grillé au feu de bois.

Ensuite, dans le menu, viennent les accompagnements.

Le riz, bien sûr, les frites aussi.
Mais aussi le foutou qui est une sorte de purée (c'est assez différent quand même d'une purée, mais c'est la chose la plus proche à quoi on peut comparer).
J'ai goûté le foutou banane... à Montréal!

C'est fait à base de bananes plantains bouillies et de manioc. Il faut piler le tout (ça, c'est de la recette hein! ;-) ). On obtient des boules de consistance un peu élastique. J'en ai mangé hier, justement, et avec la sauce graine, c'était vraiment excellent!
En revanche, hier, après avoir mangé foutou sauce graine, tiep et déguet (je vais vous reparler de ça), j'avais le ventre calé pour 24h!

Revenons à nos accomapgnement :
L'attiéké est une semoule de manioc, très populaire. C'est l'accompagnement par excellence. On peut acheter des "boules" d'attiéké à des vendeuses dans la rue. On parle de boules, parce que c'est vendu ainsi :

Et pour finir, l'alloco : les bananes plantains frites. Seul met cité ici que je peux vous faire!


Bon, tout ça était sur le menu de ce restaurant du jour, mais voici quelques autres plats que j'ai mangés là-bas :

Lorsque j'ai mangé de la sauce graine à Abidjan, les viandes étaient : poulet et escargot. Les escargots étaient énormissimes et plus fermes que ceux que je connais. Peut-être parce qu'ils étaient cuits plus longtemps. Là-bas, les viandes sont toujours très, très cuites.

L'igname
J'ai d'abord mangé du ragoût d'ignames. Pour la consistance, ça ressemblait plutôt à de la pomme de terre. Quant au goût, la sauce avait plus de goût que l'igname alors je n'en avais pas une idée précise.
J'ai ensuite mangé de l'igname bouilli. Je n'ai pas trouvé ça très intéressant. Un peu farineux et sans trop de goût.

Il y a beaucoup de fritures là-bas : poulet frit, poisson frit, bananes frites (alloco!), igname frit, patates douces frites (une autre espèce que celles que l'on mange au Canada)...

Riz au gras (qui est un dérivé du tiep, que j'ai mangé hier)
Si j'ai bien compris les explications sur internet (et si elles correspondent à ce que j'ai mangé), on fait cuire la viande avec tomates, oignons, piments, huile. On verse de l'eau pour faire un bouillon et cuire le riz dedans.
C'est très bon!

Et pour finir, le déguet, un dessert à base de yaourt, lait fermenté, crème avec de la semoule de mil, sucré, et celui de Déborah, que j'ai mangé hier, était avec de la muscade. C'était excellent! :-)

J'ai donc fait plein de découvertes culinaires. C'était très bon, mais au bout de 8-10 jours, j'étais lassée de tout ce gras, tous ces plats chauds en sauce, on est pas habitués de manger ce genre de choses quand il fait très chaud.
J'avais heureusement des salades bien fraîches juste pour moi! :-)